En route (by bus) vers la Fin de la Terre.Mais d'abord, messe d'action de grâces à la cathédrale à 7h30.
Il va m'en falloir du temps pour digérer ce qui s'est passé ces deux derniers mois ...
Trois heures de bus pour atteindre la ville de Fisterra (en galicien), Finisterre (en espagnol) et Finis Terrae (en latin).
Le bout du monde, comme on le croyait dans l'antiquité, que l'on ne pouvait atteindre qu'en osant passer les Colonnes d'Hercule (Gibraltar) et en prenant de gros risques à naviguer sur la Mare Tenebrosum ou Mer des Ténèbres (l'Atlantique).
J'ai eu la chance, dans ma vie, d'aller le plus loin possible vers l'ouest, la Californie ; vers l'est, le Japon ; le Nord, la presqu'île de Mourmansk en Russie ; le sud, le Cap de Bonne Espérance. Mais, la terre étant ronde, il n'y a pas de point ultime. Par contre, le Cabo Finisterre est vraiment un point mythique, et je suis heureux d'y être aujourd'hui.
Etant finistérien d'origine, il m'était impossible de ne pas y aller. Mon chauvinisme de breton me fait dire que si le Cabo Finisterre est beau (belle forme générale, belle roche, pentes raides vers la mer), il ne soutient pas la comparaison avec ma chère Pointe du Raz. J'atteins l'extrémité du cap après une toute petite marche de 3 km. Ca dérouille les jambes.
A ce stade, je suis surpris par la convergence de divers faits :
- mes batteries personnelles sont à plat. Je n'en peux plus.
- les batteries de ma balise Argos sont également à plat et clignotent au rouge. C'est pour cette raison que je ne la fais plus fonctionner que par intermittence.
- la batterie de mon téléphone est au mini, or je ne peux plus la recharger parce que le chargeur m'a lâché il y a deux jours.
- la carte mémoire de l'appareil photographique est pleine.
- au Cabo Finisterre, je butte contre la mer. Elle est devant moi, à droite, à gauche. Que faire ?
Plus rien d'autre que de rentrer à la maison, après un dernier passage à Santiago.
Le temps de prendre cette décision et de revenir à Fisterra, le temps s'est totalement dégradé. Alors qu'il a été clément toute la journée, en fin d'après-midi il tourne à la tempête avec des vents forts en rafales et des pluies abondantes. Un véritable arrosage de départ.
Personne dans les rues ; ça se comprend facilement : on se fait complètement rincer en 5 minutes.


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