mardi 2 juin 2009

DAY 45 (29 mai) LEON - LEON (0 km)

Après la longue journée d'hier : repos. Leon est une ville très agréable, ses monuments sont superbes. Je consacre un bon tiers de la journée rien que pour la cathédrale et son musée ! Seules les photos pourront traduire les beautés de ce qui s'y trouve. Ne pouvant pas disposer de ma chambre pour une seconde nuit, je quitte la pension et me réfugie dans une usine à dormir (150 places) managée par qui ? Des Bénedictines ! Je n'en sortirai vraiment pas, l'accueil est sympa. Voici un texte que je viens de découvrir dans le bouquin "Miam Miam, Dodo" qui est la référence du pèlerin isolé pour l'aider à trouver les gîtes et la nourriture. Il traduit exactement ce que je vis et ressens sur le sujet traité.

Quelques réflexions sur le pèlerinage ... Extrait de "L'art de marcher", Rebecca Solnit - Editions Actes Sud"

... L'idée que le sacré n'est pas absolument immatériel et qu'il existe une géographie du pouvoir spirituel est l'hypothèse au départ du pèlerinage. Tout pèlerinage trace une invisible démarcation entre spiritualité et matérialité, attaché qu'il est à une histoire factuelle et au cadre dans laquelle elle s'est déroulée. S'il s'agit bien d'une quête de spiritualité, elle s'appuie sur des détails très concrets : on se rend sur les lieux de la mort de Bouddha ou de la naissance du Christ, ceux où sont conservées les reliques, où jaillit l'eau miraculeuse. Peut-être aussi l'entreprise vise-t-elle à réconcilier le spirituel et le matériel, car partir en pèlrinage revient à exprimer les désirs et les croyances de l'âme au moyen du corps et de ses mouvements. Le pèlerinage, en effet, unit la foi et l'action, la pensée au faire, et l'on comprend que cette harmonie se réalise quand le sacré est investi d'une présence physique et associé à un lieu déterminé ... Le voyage sans point de destination aurait quelque chose d'aussi inachevé que l'arrivée non précédée d'un voyage. Le pèlerinage est un déplacement physique effectué pas à pas, au prix de rudes efforts, vers ces buts spirituels intangibles si durs à atteindre autrement ... L'image du marcheur qui progresse au long de la route difficile le menant vers quelque lieu lointain compte parmi les représentations les plus convaincantes et les plus universelles de l'être humain : individu solitaire et minuscule en regard de l'immensité du monde, le marcheur ne peut compter que sur sa force et sur sa volonté. Le voyage du pèlerinage est soutenu par l'espoir radieux des bienfaits spirituels qui récompenseront l'arrivée à destination. Chemin faisant, le pèlerin accomplit sa propre histoire, et par là aussi il devient partie intégrante d'une réalité religieuse où l'histoire du voyage est celle d'une transformation ..."

No comment.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire