mercredi 27 mai 2009

DAY 42 (26 mai) BOADILLA DEL CAMINO - CARRION DE LOS CONDES (26 km)

Une étape d'une "platitude" totale. Le chemin de Santiago commence par suivre le chemin de halage du Canal de Castille, puis longe la route nationale. Intérêt zéro.

Gîte de la journée chez les "Bonnes" soeurs clarisses du monastère Santa Clara. Excellent accueil, bonnes installations. A recommander. Pendant une bonne partie de la matinée, je suis revenu sur la conversation de l'autre soir, entre pèlerins. Il apparaît que, si nous avons pu avoir un bon échange, cela n'est pas bien fréquent sur le Camino. Les échanges en profondeur y sont plutôt rares. ( Mais d'abord, c'est quoi "en profondeur" ?).

Pour ma part, j'observe que nous pouvons nous situer, grosso modo, à trois niveaux différents :

Niveau 1, le plus immédiat : on reste sur le plan "touristico, géographico, historico" de ce qui se passe ou que l'on voit. C'est déjà plus évolué que celui de la pluie et du beau temps, des bagnoles ou des matches de foot. C'est une base commune..

Niveau 2, plus profond : on échange des idées, des opinions, des ressentis. Il y a déjà là un mouvement personnel ; on se révèle un peu. C'est beaucoup plus vivant et plus riche.

Niveau 3, le plus intime, le plus personnel : la démarche spirituelle. Quand on a la chance de l'atteindre on s'apercoit que tout pèlerin est en recherche. Pour certains, ils connaissent déjà peu ou prou l'objet de leur recherche. D'autres n'ont pas la moindre idée pourquoi ils sont là. Toujours est-il qu'ils sont en train de crapahuter comme les copains. C'est impressionnant.

Ce troisième niveau est essentiel pour moi, sans n'égliger les deux autres. C'est lui qui sous-tend tout le reste. Je n'écris sur le blog que sur les deux premiers niveaux. M'exprimer sur le troisième serait toucher au sacré de la vie personnelle. Je dirai seulement que quelque chose d'essentiel s'est produit dès le troisième jour, sur le chemin, non loin du Puy-en-Velay. Je l'ai fait savoir, le soir même, à François puis à la famille lorsqu'elle m'a rejoint trois semaines plus tard.

Quarante jours plus tard, j'en vis encore, et j'espère que cela ne s'arrêtera jamais ...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire