lundi 18 mai 2009

DAY 34 (18 mai) LOS ARCOS - LOGRONO (28 km)

Réveil à 5h45, à cause du lever du jour. Sur le Camino à 6h45. Une étape de liaison, rien à visiter. Arrivée au gîte municipal de Logrono à 13h. Fin de l'étape.

Jusqu'à présent j'aimais voir apparaître, au-delà de la dernière colline (qui en fait se trouve toujours après celle que l'on espère être la dernière) l'endroit où l'on va s'arrêter pour passer la nuit.

Aujourd'hui, c'est l'inverse. J'arrive, sur le chemin, à un col de troisième catégorie, le Virgen del Poyo (558 m), et j'aperçois la ville de Logrono là-bas, dans le lointain, à 17 ou 18 km. Mais que ça peut être long d'y aller ! Ca n'en finit pas ! Le piège, c'est qu'elle paraît à portée de la main. C'est compter sans la chaleur du jour qui monte. Dur dur. En même temps, c'est bon de voir que la mécanique tient le coup. MERCI TOUBIB POUR LA PREPARATION.

Depuis trois bonnes semaines, j'ai une réflexion qui me trotte dans la tête, bien que celle-ci soit vide à cause de la marche intensive qui provoque un appel de sang important dans les pieds, fortement sollicités, au détriment du cerveau qui subit, en contre-coup, un sérieux reflux ou plutôt de-flux de sang. Mon neurone, déjà bien isolé dans ma boîte cranienne en temps normal, s'y trouve carrément en perdition. On ne peut pas tout avoir en même temps : la théorie et la pratique...

Je vais malgré tout essayer de l'exprimer. Elle est relative au pèlerinage de Compostelle. C'est quoi ce truc ? Est-elle sérieuse l'histoire de ce gars, décapité du côté de Jérusalem, qui se trouve à atterrir quelque part en Galice avec son sarcophage ? Je crois que pour certains, c'est simplement une histoire à dormir debout. Du pipeau.

Soyons clairs : je n'attache personnellement aucune importance à cette histoire proprement dite. C 'est, pour moi, une simple légende. Par contre, ce qui m'importe, c'est la tradition qui s'est greffée sur elle. Vieille de plus de 1000 ans, elle est pleine du sens que lui ont donné tous ces pèlerins du Moyen-Age, ces gens qui avaient une foi à déplacer des montagnes et qui ont construit à la main les cathédrales. C'est ce sens qui m'interpelle, et qui me fait marcher (attention, pas de confusion sur le sens de marcher). La vérité du fait initial est secondaire. Mon cartésianisme de français du 21ème siècle n'est en rien choqué. Je trouve beaucoup de sens à mettre mes pas dans les pas de ces gens. Et là, la vérité dépasse la légende.

Il y a toutefois un danger dans cette approche. Celui de m'entendre répondre : OK, Saint-Jacques-de-Compostelle, c'est une légende. C'est donc la même chose pour ce qu'on essaye de nous faire passer avec Jésus. Là encore, c'est pas sérieux, on nous raconte une histoire.

Eh bien non. Il y a une très grande différence entre les deux "histoires": dans le premier cas, il n' y a pas eu de témoin de l'événement, le débarquement de l'apôtre à la tête coupée. Par contre, dans le second cas, il y en a eu : les apôtres et les disciples. Crédibles ces témoins ? Je réponds oui, parce que beaucoup d'entre eux ont payé de leur vie leur témoignage, et cela parfois dans des conditions horribles, comme celui à qui on a arraché la peau, à vif, ou les crucifiés. On voulait qu'ils se taisent, qu'ils ne parlent pas de ce qu'ils avaient vécu avec Jésus, de ce qu'ils lui avaient entendu dire. Ils l'avaient vu vivant, puis mort, puis ressuscité. C'était plus fort qu'eux, il fallait qu'ils le disent, quitte à y laisser leur vie. Pas crédibles des gens comme cela ? C'est grâce à leur témoignage, puis celui d'un certain nombre d'autres personnes qui ont poursuivi cette transmission, qu'aujourd'hui je me trouve quelque part en Espagne, un certain 18 mai 2001. Tout ça une histoire de fous, de débiles ? Pas pour moi.

1 commentaire:

  1. "....il fallait qu'ils le disent...."
    Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
    Merci pour votre témoignage.

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