Une belle étape que j'attendais avec intérêt et impatience. Depuis mom enfance, à Quimper, je voulais voir le site historique de la bataille au cours de laquelle notre cher Roland a soufflé très fort dans son éléphant (ceci d'après Toto qui n'avait pas compris qu'il s'agissait d'un olifan).
En fait de bataille rangée, comme le prétend la légende, ce fut seulement une embuscade tendue à l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne par des gens du coin, c'est-à-dire des basques (déjà independantistes).
Il n'empèche, voir les Pyrénées et les passer à pied, j'ai aimé, beaucoup aimé. Compte tenu du mauvais temps de ces dernières semaines, je craignais d'être privé de ce beau spectacle. Eh bien non, il y a eu un gros orage pendant la nuit précédente mais, quand j'ai pris la route pour l'attaque finale, le temps était couvert mais satisfaisant. On voyait bien les sommets environnants (pas très hauts) et les vallées qui se sont remplies progressivement de nuages.
Le problème, en montagne, c'est que lorsqu'on prend de l'altitude on a vite fait de se retrouver les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Ce fut le cas, mais ça ne m'a pas contrarié ; simplement une autre facon de découvrir la montagne. Pendant plusieurs heures, je n'ai pas pu voir à plus de 40 ou 50 m. Il a donc fallu être très attentif et prudent pour ne pas me perdre.
Puis ce fut l'arrivée au-dessus des nuages, juste à temps pour voir le fameux col, qui d'ailleurs ne s'appelle pas Roncevaux mais Lepoeder. Parti de Saint-Jean-Pied-de-Port, à 163 m d'altitude, j'étais à 1430 m. Une belle grimpette de près de 1300 m !
Ensuite ce fut une promenade de santé pour atteindre, de l'autre côté, l'abbaye Saint-Augustin de Roncesvalles. C'est l'une des étapes les plus importantes et les plus renommées du Camimo. Parti à 7 h, j'y suis arrivé à 14 h.
Là, je tenais à passer la nuit dans "l'Albergue de la collegiata". Je voulais faire l'expérience de cette usine à dormir. Je n'ai pas été déçu ! Quel bazar ! Pour y être accepté, il faut présenter sa créanciale ; priorité est donnée aux pèlerins à pied. Un seul grand dortoir de 120 à 140 places dans l'ancien hôpital. Quand tout le monde est là, avec les sacs à dos dans tous les coins et dans les allées, c'est indescriptible. Il faudra voir les photos.
Côté douches : 2 pour les hommes, je suppose idem pour les femmes. C'est vraiment peu. Même chose pour les WC : urgences interdites.
Mais tout ça c'est bon enfant. Tout se passe bien. Les plus nombreux sont de très loin les germanophones. L'anglais est bien sûr parlé, le français l'est peu. Je crois deviner que ce type de vie en collectivité ne correspond pas très bien à nos goûts nationaux ...
J'ai été surpris par la nombreuse asssitance à la messe de 20 h, bien programmée entre le dîner, à 19 h, et le coucher. Extinction des feux impérative à 21 h. Nous étions en effet une bonne centaine de pèlerins, soit plus de 50% des personnes hébergées dans le dortoir et les deux hôtels du coin.
Discours de bienvenue en espagnol. Rien compris. Messe en espagnol, heureusement
qu'il y a de bons points de repère. Puis bénédiction et envoi des pèlerins, tous regroupés au pied de l'autel, ceci en 6 ou 7 langues.
Bonne nuit à tout le monde. Le hasard fait que je suis dans le groupe de lits occupés par des coréens. J'ai donc droit à leurs exercices de gymnastique traditionnelle. Je n'en vois que le début car je suis out très rapidement. Out mais heureux de cette expérience.
vendredi 15 mai 2009
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