lundi 20 avril 2009

Day 6 (20 avril) NASBINALS - SAINT-CHELY-D'AUBRAC (16 km)



Saint-Chély-d'Aubrac est un village halte sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le tronçon Nasbinals, Aubrac, Saint-Chély d'Aubrac (17 km) et le Pont des Pèlerins à Saint-Chély, est inscrit au Patrimoine Mondial de l'Humanité (Chemin de Compostelle, voie du Puy-en-Velay, UNESCO, décembre 1998). Le point culminant du canton se situe aux Truques (1442 m) près du Buron de Canuc.Le sommet de l'Aubrac et de l'Aveyron se situe, quant à lui, au Mailhebiau à 1 471 m d'altitude. Il est l'un des huit plus petits cantons de France par sa population (moins de mille habitants), mais il est parmi les plus grands par sa superficie (3 fois la ville de Lyon). Cas extrêmement rare, sinon unique en France, le canton est constitué de seulement deux communes : Condom d'Aubrac et Saint-Chély d'Aubrac.


Mais qui donc a pu nous dire que ce serait une journée facile ? Seulement 16 kms couverts en 4 h 15, du moins selon les guides de GR. Et surtout de la descente : on doit perdre dans les 300 m d’altitude. Tu parles ! La marche commence par une grimpette qui dure 2 h 30 et qui nous mène jusqu’au col Aubrac à plus de 1300 m d’altitude. Oui mais, dans quelles conditions de marche. La gadoue d’hier c’était de la propreté Bonux comparée à ce que nous avons eu aujourd’hui.
Il faut dire que dès le départ du gîte, ce matin, nous avons eu la grande joie de procéder à la mise en service de l’équipement complet anti-pluie : poncho, sur-pantalon imperméable, chapeau + capuche. Il a en effet plus abondamment toute la nuit et ça continue. Seules les photos que nous avons prises vous permettront de comprendre ce qu’est un terrain humide. Je n’ai jamais vu ça. Le franchissement des ruisseaux, qui d’ailleurs n’en sont pas, il vaudrait mieux parler de « micro-deltas », est souvent délicat car le sol porte mal. La meilleure preuve : un premier crash signé François. Plus de boue que de mal, car il est tombé de l’autre côté du ruisseau. Une bonne rigolade de ma part qui a porté ses fruits rapidement : un deuxième crash, cette fois-ci le crashé c’est moi. Exactement dans les mêmes conditions : on fait très attention à « où l’on met les pieds », et puis votre fils vous appelle au téléphone, distraction entraînant une analyse insuffisante de la résistance du terrain. On met le pied sur un paquet de terre qui vous paraît solide, erreur : il est bouffé par l’eau, donc il s’efface complètement : c’est le bonheur intégrale car vous enfoncez de plus de 20 cm dans la boue. Pas de problème, comme vous avez encore un peu de réflexes vous prenez une contre-mesure de sauvetage en plantant votre bâton de marche là où il faut, manque de chance il s’enfonce de plus de trente cms dans le sol. Résultat : un tas de viande par terre. 1 à 1.
Nous poursuivons notre progression vers le col. Nous sommes désormais complètement dans les nuages ce qui nous donne parfois une visibilité inférieure à 50 m. A certains endroits il n’y a carrément plus de chemin, nous sommes dans les champs : passages très difficiles de quelques « portes » qui ne peuvent être franchies que par des personnes et non par des animaux. Cf les photos folklos qui viendront plus tard. Il y a encore quelques plaques de neige ; ça nous fait plaisir de les voir. On y voit très bien la trace des pas des pèlerins qui nous précèdent : la neige est sale à cause des paquets de boue emportés par les chaussures.
Au col nous rencontrons un petit groupe de pèlerins qui nous disent qu’un habitant du coin leur a fortement déconseillé d’emprunter le GR pour la descente sur SAINT-CHELY. Trop dangereux à cause de la pluie qui rend glissant les nombreux cailloux et rochers qui l’encombrent. Par prudence, nous prenons la route.





Une journée de pluie.





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